
Un enfant est une personne titulaire de droits propres. Lorsque sa vie familiale, sa sécurité, sa santé, son équilibre ou sa parole sont en jeu, il peut avoir besoin d’un avocat qui prenne en considération sa situation propre et défende ses droits et ses intérêts. L’enfant peut être directement concerné par une décision qui sera pourtant prise par des adultes. L’avocat lui permet de comprendre le système judiciaire, de connaître ses droits, de préparer son audition pour qu’elle se déroule dans des conditions sereines et susceptibles de lui permettre de faire entendre ses besoins, et de défendre ses intérêts tout au long de la procédure ou de la mesure.
L’avocat d’enfant est un expert et un conseiller en droit des mineurs mais il est également formé à l’écoute, à l’accueil, au recueil de la parole de l’enfant pour être en mesure de la porter devant les juridictions qui statueront sur des décisions le concernant. Il aide les enfants à comprendre et défendre leurs droits, ce qui est essentiel pour leur bien-être et leur protection.
L’avocat d’enfant joue un rôle crucial dans la défense des intérêts des enfants, en s’assurant que leurs besoins et leurs préoccupations sont pris en compte dans les décisions judiciaires qui les concernent. L’avocat d’enfant offre un soutien continu et un accompagnement à chaque étape de la procédure, ce qui est essentiel pour aider les enfants à naviguer dans un système juridique souvent complexe au sein duquel ils sont susceptibles de rencontrer plusieurs intervenants : juge des enfants statuant au civil ou au pénal, juge aux affaires familiales statuant sur les modalités de leur résidence, le droit de visite et d’hébergement du parent non gardien, tribunal judiciaire statuant sur le droit de visite et d’hébergement des ascendants ou tiers à leur égard, juge d’instruction lorsqu’ils sont entendus en qualité de victime….
L’avocat d’enfant est souvent l’intervenant judiciaire stable et fixe parmi ces interlocuteurs nombreux et changeants au gré des changements de poste des magistrats, du turn over des éducateurs, des changements professionnels des assistants familiaux … Il accompagne l’enfant tout au long de sa minorité et parfois au-delà, dans toutes les procédures qui le concernent.
Les avocats d’enfants sont formés spécifiquement pour travailler avec les enfants, ce qui leur permet d’apporter une expertise et une compréhension approfondies de la personnalité et des besoins des mineurs.
Au cabinet, nous avons développé une pratique dédiée aux enfants, à leur développement, à leur parole et à leurs besoins. Maître Blandin est membre du groupe de défense des mineurs du Barreau de Rennes depuis 2009. Maître Piederrière et Maître Guichoux ont également rejoint ce groupe d’avocats engagés du Barreau de Rennes. Maître Mokrani est en cours d’intégration dans le cadre d’un parrainage, incluant une formation continue pratique à ses côtés, par Maître Blandin. Au sein de ce groupe de défense, les avocats du cabinet participent aux permanences de défense des mineurs, sont volontaires pour être commis d’office par le Bâtonnier afin d’assurer la défense des mineurs, assurent les consultations gratuites pour les mineurs à la Cité Judiciaire de Rennes tous les mercredis de 15h à 17h, participent aux actions de prévention et d’information dans le cadre du printemps du droit au sein des établissements scolaires.
Nous intervenons aussi bien dans les procédures familiales que devant le juge des enfants, le juge des tutelles mineurs ou les juridictions pénales, que l’enfant soit victime, témoin, mis en cause ou plus généralement concerné par une décision judiciaire.
Notre approche associe une expertise juridique approfondie à des compétences complémentaires en psychologie de l’enfant, psychologie de la famille, psychotraumatisme, victimologie et accompagnement de la parole.
Sommaire de la page :
Audition du mineur devant le juge aux affaires familiales, la chambre de la famille, le tribunal judiciaire
L’article 388-1 du Code civil prévoit que, dans toute procédure le concernant, le mineur capable de discernement peut être entendu. Cette audition est de droit lorsque le mineur en fait la demande. Il peut être entendu seul, avec un avocat ou avec une personne de son choix. Le juge s’assure que le mineur a été informé de son droit à être entendu et à être assisté par un avocat.
L’article 338-1 du Code de procédure civile prévoit que le mineur capable de discernement est informé de son droit à être entendu et à être assisté d’un avocat dans toutes les procédures qui le concernent. Cela concerne majoritairement les questions relatives à ses modalités de résidence mais il peut également s’agir d’une demande de droit de visite et d’hébergement de ses grands-parents, de son ex beau parent, d’une requête en adoption, d’une modification de sa filiation…
Concrètement, nous recevons l’enfant seul pour apprécier la réalité de son souhait personnel d’audition par la juridiction en lui restituant les modalités et conséquences de cette audition. Nous apprécions également sa capacité de discernement qui peut être définie comme la faculté à exprimer un avis réfléchi grâce à sa maturité et à son degré de compréhension. La loi ne fixe pas d’âge minimal pour être entendu, cette capacité de discernement s’apprécie in concreto selon la situation du mineur. Lorsque telle est sa demande, nous déposons auprès de la juridiction une requête aux fins d’audition de mineur. L’audition de l’enfant sera fixée par le juge qui la réalisera lui-même ou en délèguera la réalisation à un auditeur d’enfant, un psychologue, une enquêtrice sociale. C’est majoritairement le cas lorsque la demande est portée devant un Juge aux Affaires Familiales. A l’inverse devant la Cour d’Appel de Rennes, les conseillers de la mise en état de la chambre de la famille procèdent personnellement à l’audition de l’enfant.
En amont de cette rencontre, nous préparons l’enfant à l’audition en lui expliquant qui sera présent, ce qu’est le rôle du juge et du greffier, comment se déroule l’audition, quel compte rendu en sera fait à ses parents ou aux parties à la procédure et ce qu’il peut attendre de ce moment qui lui est dédié. L’enfant ne doit pas porter la responsabilité de la décision du juge ou majorer l’impact réel de son audition. Il doit être protégé des pressions parentales qui s’exercent malheureusement souvent, consciemment ou inconsciemment, à l’approche de son audition. L’avocat de l’enfant travaille à dégager avec lui une parole qui lui est propre en l’aidant à se recentrer sur ses ressentis et ses besoins, au-delà du discours parental. Il s’efforce à une parfaite neutralité à l’égard des deux parents. L’avocat du mineur est là pour lui donner une juste place dans la procédure et veiller à ce que sa situation, son ressenti, les besoins qu’il est en capacité d’exprimer soient réellement entendus. L’avocat du mineur est une présence rassurante et connue lors de l’audition dont il s’efforce d’accompagner la charge émotionnelle. Au cabinet nous proposons aux mineurs des techniques simples de régulation émotionnelle pendant le rendez-vous de préparation, afin de les mettre en œuvre à l’occasion de l’audition pour faire de l’audition en justice une expérience positive et valorisante pour le mineur. Les capacités d’expression du mineur sont toujours valorisées pour renforcer à cette occasion son estime de lui-même.
Assistance éducative devant le juge des enfants
Le cabinet intervient devant le juge des enfants pour défendre les droits de l’enfant dans les procédures d’assistance éducative. Nous n’intervenons alors que pour l’enfant, nous ne sommes jamais l’avocat des parents dans la situation concernée. À compter du 6 janvier 2027, l’avocat sera obligatoire pour le mineur sans condition de discernement et son intervention sera intégralement prise en charge par l’aide juridictionnelle.
Cette assistance par un avocat deviendra ainsi obligatoire, indépendamment de la capacité de discernement des enfants. Le juge des enfants devra demander au bâtonnier (le représentant des avocats inscrits au sein d’un même barreau) la désignation d’un avocat dès l’ouverture de la procédure d’assistance éducative ; et il devra en informer l’enfant et ses représentants légaux, ou le service ou la personne à qui le mineur a été confié, en fonction de la situation. L’enfant aura ensuite la possibilité de choisir librement un autre avocat que celui qui a été désigné pour lui. En effet, la loi prévoit que le mineur capable de discernement, les parents, le tuteur ou la personne ou le représentant du service à qui l’enfant a été confié peuvent faire choix d’un conseil ou demander au juge que le bâtonnier leur en désigne un d’office. C’est donc prioritairement le mineur discernant qui doit choisir son avocat. Ce droit est rappelé au mineur lors de sa première audition.
L’assistance de l’enfant par un avocat sera intégralement prise en charge par l’État, au titre de l’aide juridictionnelle (que l’enfant soit assisté par l’avocat désigné à la suite de la demande du juge, ou par un autre qu’il a lui-même choisi).
Dans le cadre de ces interventions, nous portons la parole des mineurs, les aidons à s’exprimer ou rapportons leurs propos. Nous préparons les audiences en étudiant les rapports des services éducatifs et en rencontrant l’enfant pour lui expliquer avec des mots simples, adaptés à son âge, le contexte judiciaire dans lequel il s’inscrit. Nous répondons bien entendu aux interrogations qu’il peut formuler. Nous assistons à l’audience pour proposer les mesures adaptées aux besoins du mineur, contestons celles qui ne le sont pas, accompagnons les évolutions de placement et défendons les liens importants pour lui. C’est la parole du mineur exclusivement qui sera portée par l’avocat, distinctement des points de vue exprimés par les parents ou les services éducatifs.
A Rennes, l’audience devant le juge des enfants se déroule en deux étapes : l’audition du mineur en présence de son avocat, seul à seul avec le juge et son greffier ; puis l’audience avec les adultes, le plus souvent sans le mineur, lorsque les parents sont reçus avec les éducateurs : durant cette phase c’est l’avocat qui représente le mineur et porte sa parole.
Nous expliquons ensuite les décisions des juges des enfants aux mineurs. Nous restons disponibles pour eux tout au long de la mesure et transmettons au juge des enfants les difficultés ou demandes spécifiques que les enfants peuvent nous évoquer. Nous intervenons également devant la Cour d’appel lorsqu’un appel est formé par une des parties à la procédure. Le mineur peut faire appel d’une décision du juge des enfants : son avocat réalise cette démarche pour lui lorsque c’est son souhait.
En assistance éducative la situation du mineur est revue régulièrement par le Juge des Enfants, généralement chaque année. C’est l’occasion de modifier/ajuster la mesure ou de lever cette dernière si elle n’apparaît plus nécessaire. L’avocat sera un repère stable et de confiance tout au long de la mesure. Le lien avec l’avocat, dans le secret de la relation avocat-client, permet à l’enfant d’exprimer librement ses craintes, de formuler ses interrogations, de confier ce qu’il est difficile de dire aux autres intervenants par craintes des conséquences sur la relation ou des conséquences judiciaires. L’avocat de l’enfant n’a pas vocation à être en opposition systématique avec les parents ou les services éducatifs mais il peut l’être si tel apparaît être l’intérêt de l’enfant qu’il accompagne.
Mineur mis en cause dans une procédure pénale
Le cabinet ALBA LEGIS accompagne le mineur auquel la commission d’une infraction est reprochée et ce, dès son audition par les services enquêteurs, et jusqu’à sa comparution le cas échéant devant la juridiction de jugement.

Compte-tenu de sa vulnérabilité intrinsèque, le mineur est nécessairement assisté d’un avocat à chaque étape de la procédure pénale. Il s’agit d’une obligation légale.
Il peut s’agir d’un avocat choisi ou d’un avocat commis d’office.
A Rennes, l’avocat commis d’office appartient par principe au Groupe de défense des mineurs du Barreau et intervient alors au titre de l’Aide Juridictionnelle pour toutes les procédures concernant le mineur.
La désignation d’un Avocat habituel permet d’assurer une continuité du suivi et de l’accompagnement dans des situations pénales parfois d’urgence.
Le cas échéant, l’Avocat habituel du mineur a également vocation à intervenir au civil pour les audiences devant le Juge des Enfants et les auditions devant le Juge aux Affaires Familiales.
A chaque étape procédurale, l’Avocat veille à ce que le mineur soit informé et comprenne ses droits pour pouvoir les exercer, notamment son droit de se taire.
Au stade de l’enquête
Le mineur auditionné par des policiers ou des gendarmes en tant que mis en cause doit nécessairement être assisté d’un avocat et ce, que le mineur soit entendu sous le régime de l’audition libre ou de la garde à vue.
Entendu sous le régime de l’audition libre, le mineur est libre de quitter à tout moment les services de police et de gendarmerie. Tel n’est pas le cas lorsqu’il est placé en garde à vue.
C’est le Procureur de la République qui décide du cadre procédural de l’audition en fonction essentiellement de la gravité des faits reprochés et de l’âge du mineur entendu.
Les représentants légaux du mineur doivent impérativement être informés de la procédure.
Le mineur a le droit de s’entretenir avec son avocat en amont de l’audition pour qu’il comprenne l’infraction qui lui est reprochée (nature, date, lieu) ainsi que le déroulé de l’audition et les conditions soit de l’audition libre soit de la garde à vue.
Présent tout au long de l’audition du mineur, l’Avocat veille à son bon déroulé, et surtout à l’exacte retranscription de ses réponses dans le procès-verbal qui sera signé à la fin.
Au besoin, l’Avocat peut poser des questions complémentaires à son jeune client aux fins de lui faire préciser ses déclarations ; de même il peut remettre des observations écrites à destination du Parquet en cas de difficultés survenues lors de l’audition ou sur son contexte.
A cette occasion, l’Avocat peut être conduit à soulever la présomption d’irresponsabilité pénale de son client si celui-ci était âgé de moins de 13 ans au moment des faits.
Orientation de la procédure par le Parquet
Après l’audition du mineur, la décision du parquet sur l’orientation de la procédure n’est pas nécessairement immédiate.
En pratique, il n’est pas rare que le mineur ne soit pas informé du classement sans suite de la procédure dans laquelle il était mis en cause. L’avocat peut alors interroger le Parquet pour s’enquérir de la décision prise sur l’action publique.
En revanche, lorsque le Parquet estime que l’enquête a permis de recueillir des éléments de preuve suffisants pour estimer que le mineur a commis l’infraction qui lui est reprochée, il le convoque soit pour une mesure alternative aux poursuites, soit pour une audience devant le Juge des Enfants ou le Tribunal Pour Enfants.
Si c’est un crime qui est reproché au mineur, la saisine du Juge d’instruction est obligatoire.
Mesures de sûreté « transitoires »
Dans l’attente de sa comparution effective devant le Juge des Enfants ou le Tribunal Pour Enfants, le mineur peut être déféré – c’est-à-dire présenté – au Procureur de la République puis au Juge des Enfants pour évoquer la mise en place de mesures de sûreté dans l’attente de l’audience de jugement.
Un tel déferemment est systématique en cas d’ouverture d’une instruction criminelle.
Là encore, le mineur sera nécessairement assisté d’un avocat pour débattre de l’opportunité d’un contrôle judiciaire voire d’une détention provisoire.
Audiences de jugement devant le Juge des Enfants statuant en chambre du Conseil ou devant le Tribunal Pour Enfants
Sauf choix exprès d’un nouvel avocat par le mineur ou ses représentants légaux, l’avocat habituel du mineur est désigné d’office pour l’assister lors de l’audience de jugement.
Par principe, le mineur est convoqué devant le juge des enfants aux fins de jugement.
D’après les textes, c’est donc par exception que le Tribunal Pour Enfants est saisi aux conditions suivantes : si le mineur encourt au moins 3 ans d’emprisonnement, est âgé d’au moins 13 ans et que sa personnalité, la gravité ou la complexité des faits le justifie.
En pratique à Rennes, les audiences devant le Tribunal Pour Enfants sont toutefois nettement plus nombreuses que celles se déroulant en chambre du Conseil devant le Juge des Enfants.
Cette orientation du parquet n’est pas anodine puisqu’elle a des conséquences en termes de composition de la juridiction de jugement et, surtout des sanctions encourues.
Convoqué devant le Juge des Enfants, le mineur comparait devant un seul Juge, statuant généralement dans son bureau, hors la présence du parquet.
Le Tribunal Pour Enfants est quant à lui composé de trois Juges statuant dans une véritable salle d’audience, en présence du Parquet.
Seul le Tribunal Pour Enfants est compétent pour prononcer les sanctions les plus graves prévues par la Loi, tel que l’emprisonnement.
Les déroulés d’audience devant le Juge des Enfants et le Tribunal Pour Enfants suivent toutefois le même schéma.
Le principe est la tenue de deux audiences à 6-9 mois d’intervalle :
- Une audience de culpabilité
- Une audience de sanction.
A l’occasion de la première audience, le juge ou le Tribunal Pour Enfants examine la culpabilité du mineur à partir du dossier d’enquête.
Accompagné de son avocat, le mineur a pu en prendre connaissance dans son intégralité avant l’audience aux fins de déterminer ensemble la stratégie de défense.
En cas de déclaration de culpabilité, le Juge ou le Tribunal Pour Enfants a la possibilité d’ouvrir une période de mise à l’épreuve éducative comportant des obligations et/ou interdictions à la charge du mineur dans l’attente de l’audience sur la sanction fixée 6 à 9 mois plus tard.
Lors de l’audience de sanction, le juge ou le Tribunal Pour Enfants prend connaissance du rapport des éducateurs de la Protection Judiciaire de la Jeunesse dressant le bilan du respect ou non par le mineur des obligations / interdictions susvisés et son comportement général au cours des derniers mois.
Le cas échéant, le comportement respectueux et positif du jeune influe sur la nature de la sanction prononcée par le Juge ou le Tribunal.
Par exception, le Juge des Enfants ou le Tribunal Pour Enfants peut estimer qu’il n’est pas opportun d’ordonner une mise à l’épreuve éducative et choisir de statuer en audience unique sur la culpabilité et la sanction.
Mineur victime d’une infraction pénale
Lorsqu’un mineur est victime, l’avocat est son interlocuteur privilégié et celui de son ou ses représentants légaux tout au long du processus judiciaire, quels que soient les faits dont il est victime.
Nous pouvons intervenir dès les premières démarches, notamment dès le dépôt de plainte et en amont de ce dernier afin de le préparer et le sécuriser. Le Code de procédure pénale reconnaît en effet à la victime, à tous les stades de l’enquête, le droit d’être accompagnée par un avocat, sauf décision contraire motivée de l’autorité judiciaire.
Le mineur victime doit être entendu selon le protocole NICHD (méthode structurée d’audition, principalement destinée aux enfants, qui aide les enquêteurs à recueillir leurs souvenirs sans suggérer de réponses ni influencer leur récit, afin d’obtenir un témoignage plus détaillé et fiable), idéalement dans une salle Mélanie ou une UAPED. Une UAPED (unité d’accueil pédiatrique « Enfants en danger ») est une structure hospitalière spécialisée qui accueille les enfants victimes de violences, leur propose une évaluation médicale et psychologique et facilite les démarches judiciaires dans un cadre adapté.
Nous pouvons préparer le dépôt de plainte avec l’enfant et ses représentants, l’accompagner lors de son audition devant les enquêteurs puis le juge d’instruction, expliquer le déroulement de la procédure, accompagner les différentes étapes de l’enquête, suivre le déroulé instruction, formuler des demandes d’actes d’investigation, participer aux expertises, reconstitutions criminelles et confrontations, préparer l’audience correctionnelle ou criminelle, assurer la constitution de partie civile et garantir l’indemnisation effective du préjudice.
Nous travaillons en étroite collaboration avec les administrateurs ad hoc désignés pour représenter les mineurs victimes, lorsque les représentants légaux ne peuvent pas représenter le mineur victime, ou lorsque leurs intérêts sont en conflit avec les siens.
Dans les dossiers de violences sexuelles et d’inceste notamment, nous portons une attention particulière aux conséquences du psychotraumatisme, à la qualité du recueil de la parole et au risque de victimisation secondaire. Nous intervenons également lorsque l’enfant est exposé aux violences conjugales et que son préjudice propre doit être pris en compte.
Au-delà de la condamnation pénale de l’auteur des faits, que nous concourons à obtenir dans le cadre du soutien à l’action publique, nous saisissons les juridictions pénales et civiles de demandes visant à indemniser le préjudice propre du mineur. Dans le cadre de l’audience de jugement de l’auteur, la juridiction peut statuer sur les intérêts civils en condamnant l’auteur à indemniser le préjudice de l’enfant victime.
Sans attendre la condamnation pénale et même lorsque cette condamnation n’est pas possible (irresponsabilité pénale de l’auteur pour abolition du discernement, ou discernement insuffisant s’agissant d’un mineur, prescription de l’action publique, auteur inconnu, décès de l’auteur de l’infraction), nous saisissons la CIVI commission d’indemnisation des victimes d’infractions qui est une juridiction spécialisée pouvant indemniser les victimes ou leurs ayants droit lorsque l’auteur est inconnu, insolvable ou ne peut réparer le préjudice, sous certaines conditions. C’est alors la solidarité nationale par le truchement du Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d’autres infractions (FGTI), qui garantit l’indemnisation effective du mineur victime.
Lorsque l’indemnisation nécessite une autorisation ou une intervention du juge des tutelles, nous pouvons également engager cette procédure. Cette saisine est nécessaire dans l’hypothèse où un accord amiable avec l’assureur ou le FGTI implique de transiger sur les droits du mineur victime. Ses représentants légaux doivent obtenir au préalable l’autorisation du juge des tutelles.
Une approche juridique et psycho-émotionnelle
Accompagner un enfant devant la justice ne consiste pas seulement à connaître les textes et la jurisprudence. Un enfant n’a pas les mêmes capacités de compréhension, de verbalisation, de régulation émotionnelle ou de représentation du temps qu’un adulte.
L’équipe s’est donc formée à la psychologie de la famille, au développement de l’enfant, à l’expression des besoins, au psychotraumatisme, à la victimologie, aux violences intrafamiliales et à la victimisation secondaire. Ces compétences ne nous conduisent pas à nous substituer aux psychologues ou aux professionnels de santé: elles nous permettent d’adapter notre communication et notre accompagnement juridique à un client particulièrement vulnérable.
Nous utilisons également des outils de préparation et de régulation émotionnelle, échelle de stress, roue des émotions, balles anti-stress, déminage des peurs, visite ou photo des lieux d’audition, outils adaptés au développement de l’enfant, préparation concrète aux différentes étapes judiciaires et travail avec les adultes qui l’accompagnent. L’objectif est de sécuriser le parcours de l’enfant sans jamais orienter sa parole.
Calliope — accompagner la parole en justice
Le programme Calliope a été conçu pour accompagner les mineurs et les personnes vulnérables appelées à témoigner devant la justice, qu’elles soient victimes ou témoins. Les quatre avocats du cabinet sont formés à Calliope, Marie Blandin est formatrice au protocole depuis 2024 et ambassadrice du dispositif.
Son objectif est de réduire le stress et de favoriser un témoignage plus serein et fiable. À travers un cadre structuré et bienveillant, Calliope agit sur quatre leviers essentiels : apaiser les angoisses liées à la convocation, expliquer le fonctionnement de la justice, préparer à s’exprimer clairement et avec confiance, et renforcer l’estime de soi pour mieux affronter la situation judiciaire.
Calliope est un protocole d’accompagnement de la parole des personnes en état de vulnérabilité en justice. Il prépare la personne aux étapes judiciaires — plainte, audition, confrontation, audience — en travaillant notamment sur la compréhension du cadre, la gestion du stress et la préparation à un témoignage serein, factuel et non influencé. Il est particulièrement adapté aux mineurs victimes.
Lanterne — prévenir les violences sexuelles dès le plus jeune âge
Marie Blandin est formée au programme Lanterne de la Fondation Marie-Vincent. Ce programme vise à prévenir la violence sexuelle chez les enfants de 0 à 5 ans en outillant les adultes qui les entourent et en proposant aux enfants des apprentissages adaptés à leur développement : éducation à la vie affective et relationnelle, relations égalitaires, identification des émotions et des limites, habiletés de protection et possibilité de se tourner vers un adulte de confiance.
Marie Blandin a utilisé cette approche dans des actions de prévention, notamment dans le cadre du festival VISIBLES 2025 lors de la journée consacrée aux familles. Cette expérience nourrit également la pratique du cabinet en matière de prévention et de protection de l’enfant.
Médiation et relation parent-enfant
Marie Blandin est titulaire d’un Diplôme Universitaire de Médiateur de l’IFOMENE. Son mémoire , « La médiation, un outil d’accompagnement de la relation parent-enfant », étudie notamment la place de l’enfant, sa parole et les enjeux de la relation parent-enfant dans les processus de médiation. Elle exerce son activité de médiatrice au sein du Centre de Médiation Régional 35.
Nos interventions et actions de sensibilisation
La pratique du cabinet s’accompagne d’un travail de transmission et de prévention autour des violences faites aux enfants, de l’inceste, de la parole de l’enfant et de la protection de l’enfance. »
- France 3 Bretagne – Libérer la parole pour combattre l’inceste : https://marieblandin-avocate.fr/liberer-la-parole-pour-combattre-linceste/
- Vidéo France 3 : https://youtu.be/_yqozCLuouI?si=7ZVZE96J7FhKzbD8
- VISIBLES – Protéger les enfants des agressions : https://marieblandin-avocate.fr/lintervention-de-marie-blandin-pendant-visibles-proteger-les-enfants-des-agressions/
- Vidéo VISIBLES : https://youtu.be/UmgXxoZE2Zo?si=xcoa-X5Cg5aJ6aAC
- Placement d’un nourrisson et sa sœur après un accouchement non assisté à Vitré : https://marieblandin-avocate.fr/placement-dun-nourrisson-et-sa-soeur-apres-un-accouchement-non-assiste-a-vitre-eclairage-juridique/
- Accouchement à domicile sans assistance : https://albalegis.fr/accouchement-a-domicile-sans-assistance/